Rentrée littéraire 2017 : l'avis des bibliothécaires de Martin Luther King

Nos bibliothécaires ont lu pour vous une sélection d'ouvrages de la rentrée littéraire 2017 et vous disent ce qu'ils en pensent !

Le 21 octobre 2017, la médiathèque Martin Luther King a accueilli un rendez-vous Focus autour de la rentrée littéraire. L'occasion pour nos bibliothécaires d'exprimer leur avis sur une douzaine d'ouvrages sortis cette année :

 

 

La Salle de balLa salle de bal

d'Anna Hope. Gallimard, 2017

En 1911 dans le Yorkshire, Ella Fay est internée à Sharston pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis ses 12 ans. Révoltée puis résignée, elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires. Au fil de leurs rencontres Ella s'éprend de John, un Irlandais mélancolique. S'intéressant à l'eugénisme, le docteur Fuller décide de réformer l'asile.

 

L’avis de Julie et Fanny : Une très belle histoire d’amour entre deux êtres écorchés par la vie, internés en hôpital psychiatrique. Mais sous cette belle romance l’auteur nous rappelle qu’en 1911 en Angleterre, Churchill alors ministre de l'Intérieur, réfléchissait sérieusement sur l'eugénisme et notamment à la stérilisation des handicapés, des « dégénérés »…

 

 

Point cardinalPoint Cardinal

de Léonor de Récondo. S. Wespieser, 2017

Laurent rejoint femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Il s'est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Mais sa vie bascule quand, à la faveur d'un week-end solitaire, il se travestit pour la première fois. A son retour, Solange comprend que Laurent est un transsexuel qui s'ignore. Elle va convaincre ceux qui l'aiment de l'accepter.

 

L’avis de Fanny : ce court roman se lit d’une traite et nous laisse tour à tour partagé entre le bonheur de voir Laurent se réaliser (quelle autre issue sinon pour lui ?) et l’effroi de ce qu’il fait vivre à sa famille et notamment à ses enfants.

 

 

Mon père, ma mère et SheilaMon père, ma mère et Sheila

de Eric Romand. Stock, 2017

Le dramaturge raconte son histoire à travers ses souvenirs évoquant le triste mariage de ses parents, sa naissance alors que ces derniers ne s'entendent plus, son enfance au milieu des disputes, ses goûts bizarres, ses attitudes gênantes ou encore son admiration pour ses grands-parents et pour Sheila. Premier roman.

 

L’avis de Fanny : la gorge se noue plusieurs fois à la lecture de ces petits instantanés de vie où l’auteur, enfant, cache sa « différence ». Mis bout à bout, tous ces souvenirs dresse un portrait nostalgique et affectueux de sa famille dans les années 70-80.

 

 

Nos richessesNos richesses

de Kaouther Adimi. Seuil, 2017.

En 1935, Edmond Charlot, 20 ans, ouvre une librairie à Alger avec la volonté de promouvoir de jeunes écrivains de la Méditerranée sans distinction de langue ou de religion. En 2017, Ryad, 20 ans, étudiant à Paris, n'éprouve qu'indifférence pour la littérature. De passage à Alger, il doit vider de ses livres un local, tâche qui est étrangement compliquée par la surveillance du vieil Abdallah.

 

L’avis de Fanny : Un hymne à la littérature ! Ce roman est le récit de la vie d’Edmond Charlot, libraire et éditeur qui côtoya et édita des grands noms de la littérature dans les années 30. C’est une plongée dans le monde des livres mais aussi dans celui de l’Algérie d’hier et de celle d’aujourd’hui. A découvrir !

 

 

Le PresbytèreLe Presbytère

de Ariane Monnier. Lattès, 2017.

Dans les années 1970, Balthazar Béranger, médecin, s'installe avec son épouse dans un ancien presbytère. Il entend élever ses enfants en les initiant à la musique et à la morale et en les coupant d'un monde jugé néfaste pour leur développement. Ils deviennent des pantins soumis aux coups et aux exigences de leur père. Premier roman.

 

L’avis de Fanny : le tour de force de l’auteur est d’installer une ambiance de plus en plus malsaine et angoissante à mesure que le récit avance. Ce presque huis-clos est en tout point dérangeant et on suffoque dans cette atmosphère pesante, où les dissonances apparaissent peu à peu comme autant de fausses notes dans une symphonie...

 

 

Le Coeur battant de nos mèresLe Cœur battant de nos mères

de Brit Bennett. Autrement, 2017.

Nadia, 17 ans, tombe enceinte de Luke, son amour caché, et avorte en secret car cet acte est inconcevable dans sa communauté noire et religieuse de Californie. Elle quitte Luke et Aubrey, sa meilleure amie, pour devenir étudiante dans une grande université où elle découvre l'élite et son racisme latent. Aubrey et Luke se rapprochent, la jeune femme désirant fonder une famille. Premier roman.

 

L’avis de Fanny : Ce roman raconte de façon sensible le désarroi d’une jeune fille rongée par le poids du secret. Les personnages, y compris secondaires, sont tous attachants mais son originalité vient de l’idée de faire commenter et observer la vie de Nadia par les femmes les plus âgées et les plus pieuses du Cénacle, la communauté religieuse à laquelle elles appartiennent. Un premier roman tout en finesse et très réussi.

 

 

Une histoire des loupsUne histoire des loups

de Emily Fridlund. Gallmeister, 2017.

Une famille emménage de l'autre côté du lac, en face de chez Madeline, une adolescente un peu sauvage. Alors que le père travaille beaucoup, la mère propose à la jeune fille de l'aider à s'occuper de leur petit garçon. Peu à peu, Madeline s'intègre à ce foyer, sans en déceler la part cachée. Premier roman.

 

L’avis de Mélanie : Une héroïne déroutante, une atmosphère brumeuse et une famille qui se révèle de plus en plus bizarre : tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine jusqu’au final, tout aussi inattendu…

 

 

Par le vent pleuréPar le vent pleuré

de Ron Rash. Seuil, 2017.

Dans une petite ville au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements ayant appartenu à une jeune femme, Ligeia. En 1969, elle arrive de Floride avec l'insouciance de sa jeunesse, avide de plaisir et de liberté. Elle change le destin de deux frères, Bill et Eugene, qui vivaient sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur.

 

L’avis de Mélanie : Alternant entre le face à face de deux frères que la vie a séparé et le récit d’un été tout aussi libérateur que destructeur, Ron Rash nous livre un texte puissant et poétique. 

 

 

Mercy, Mary, PattyMercy, Mary, Patty

de Lola Lafon. Actes Sud, 2017.

En 1974, Patricia, la petite fille du célèbre magnat de la presse William Randolph Hearst, est kidnappée par un groupuscule de révolutionnaires dont elle épouse finalement la cause. Relecture de l'affaire Hearst et de son impact médiatique.

 

L’avis de Séverine : Nul besoin de connaitre l’histoire de Patricia Hearst pour apprécier ce roman. Même si le style peut déconcerter de prime abord, Lola Lafon présente, à travers l’histoire mêlée de 3 femmes, la face cachée du rêve américain : une Amérique empêtrée dans la guerre du Vietnam et les inégalités sociales.

 

 

Underground RailroadUnderground Railroad

de Colson Whitehead. Albin Michel, 2017.

Cora, 16 ans, est esclave sur une plantation de coton en Géorgie, avant la guerre de Sécession. Grâce à Caesar, elle réussit à s'échapper. Leur première étape est la Caroline du Sud, dans une ville semblant être le refuge idéal mais cachant une terrible vérité. Il leur faut fuir à nouveau, d'autant plus que Ridgeway, chasseur d'esclaves, les traque.

 

L’avis de Séverine : Grand plongeon dans le passé esclavagiste des Etats Unis. Très beau texte, très documenté, Colson Whitehead nous raconte avec précision la terreur des esclaves durant cette période. Ce livre sonne comme une mise en garde pour la société américaine : que cela ne se reproduise pas !

 

 

De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes fillesDe l’influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles

de Jean-Michel Guenassia. Albin Michel, 2017.

Paul est un jeune homme androgyne de 17 ans, élevé par deux femmes, en quête de la mystérieuse identité de son père, et qui fréquente les boîtes lesbiennes parisiennes. Contrairement à ce que tout le monde avait prévu, il préfère les femmes.

 

L’avis de Séverine : Histoire plutôt plaisante et agréable à lire. On aime suivre les tribulations de cette famille atypique et loufoque. Les fans de David Bowie se sentiront peut être un peu trompés…

 

 

un vertigeUn vertige

de Hélène Gestern. Arléa, 2017.

Un roman qui décrit le vertige de la séparation amoureuse et relate, en deux textes qui se répondent, deux moments de vie. La rupture peut être brutale et violente, ou lente et insidieuse, elle oblige dans tous les cas à se reconstruire et à questionner le sens de l'amour qui a été vécu.

 

L’avis de Fanny : Sur le site de l’éditeur on peut lire cette phrase « Hélène Gestern dans ce texte sur la déprise amoureuse écrit sans pathos, avec une précision presque clinique, nous entraîne dans le vertige sidérant du mystère de l’amour et de son effacement. ». Voilà peut-être ce qui pose problème, l’absence de pathos ? Impossible pour moi d’éprouver de l’empathie à la lecture de ce texte, effectivement trop « clinique ».

 

 

Bonnes lectures !

 

Crédits image : © Le Coeur battant de nos mères (détail), Editions Autrement

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Saturday 16December 2017

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