Just Kids de Patti Smith

De Patti Smith, on connaît forcément Gloria, le tube de son premier album Horses sorti en 1975 et qui la propulsa comme une incontournable du rock punk des 70'.

Avec Just Kids, récit autobiographique sur ses premières années à New York (après avoir quitté son New Jersey natal avec quelques dollars en poche et avoir abandonné son premier enfant), nous découvrons une personnalité vibrante, en quête d'une expression artistique frénétique.

De ses longues journées d'errance dans le New York des sixties où elle n'a encore aucun repère et aucun point d'ancrage surgit la figure fascinante de Robert Mapplethorpe, aussi jeune qu'elle et dans une même tension créatrice. Les photographies qui rythment le récit disent sa beauté magnétique et sauvage, même dans l'intimité d'un matin défait. Ils se sont trouvés, ils ne se quitteront plus durant leurs années de maturation où tous deux vont chercher et se construire les identités qui feront d'eux des artistes majeurs. Une relation absolue et complexe, ébréchée par les expériences homosexuelles de Robert et sa toxicomanie, mais où chacun restera fidèle à l'attachement initial (jusqu'à la dispartion de Robert Mapplethorpe, mort du sida en 1989).

De squats en taudis et vivant de petits boulots, ils ne tiennent debout que par la frénésie de leurs recherches : collages, dessins, installations, performances. Et l'obstination de l'écriture. Ils parviendront à décrocher le sésame d'une  chambre miteuse au Chelsea Hotel, point névralgique du Lower East Side où se croient les icônes de cette génération : Burroughs, Ginsberg, Joplin, Morrisson et où plane la présence fantomatique d'Andy Wharol.

Le récit s'achève au moment même où tous les deux se révèlent artistiquement : Patti Smith enregistre Horses (dont Robert signera la couverture de l'album), et Robert Mapplethorpe choisit définitivement d'explorer les possibles de la photographie.

La force du récit de Patti Smith tient à sa pudeur et à son écriture fluide, sensible avec laquelle elle parvient à évoquer sans mystification l'atmosphère de l'underground new yorkais avec ses excès mais aussi ses éclats. Loin de l'auto-célébration, c'est la voix d'une "gamine qui travaillait dans une librairie", nourrie des lectures de Rimbaud et éprise d'absolu qui nous porte tout au long de ce voyage initiatique.

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Lundi 16Septembre 2019

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