L'avenue des géants

Ce livre est inspiré d’une histoire vraie, et si l’auteur le présente comme un roman et non comme une biographie, il semble toutefois assez fidèle à la réalité.

Il s’agit de l’histoire d’un homme hors norme : à 13 ans, Al Kenner (dans la vraie vie Edmund Kemper) mesure 2 mètres 10 pour 130 kilos et a un QI supérieur à celui d’Einstein. C’est un adolescent solitaire avec une histoire familiale désastreuse. Un jour, il tue sa grand-mère, et dans la foulée son grand-père pour lui éviter d’avoir à surmonter la solitude d’un veuvage !!!

C’est un premier passage à l’acte qu’il assume totalement. Mais l’Amérique des années 60 ne peut y croire, et alors qu’Al pense mériter la chaise électrique, il est envoyé en hôpital psychiatrique.

Là, il s’intéresse à la psychologie et assiste même les médecins dans leur quotidien.

Au bout de quelques années, alors que l’Amérique doit prendre en charge des soldats revenants du Vietnam complètement dévastés, les places en hôpitaux psychiatriques manquent cruellement. Dans ce contexte, et alors que sa conduite a été exemplaire pendant  ces dernières années, Al est déclaré apte pour un retour à une vie en société.

Il reprend donc sa vie dehors, trouve des petits boulots, mais surtout noue des liens avec le chef de la police locale dont il s’apprête même à épouser la fille. Bientôt, alors, que des cas de disparitions de jeunes auto-stoppeuses se multiplient, il parvient même à se faire engager par la police en qualité de profiler…

Ce livre m’a bluffé. Le personnage (toujours vivant d’ailleurs, mais il a fini par se prendre perpète !) est sidérant, son mélange d’intelligence et de folie est incroyable. Il a manipulé la justice et les experts psychiatriques comme rarement. Il a quand même réussi l’  « exploit » de venir assister à la commission qui a décidé d’annuler son casier judiciaire (si si), avec dans le coffre de sa voiture, garée juste devant le tribunal, les têtes de ses deux dernières victimes !!!

Et ce qui est plus dingue encore, c’est que j’ai éprouvé une certaine empathie pour lui. Parce que sa mère était complètement frappadingue (elle l’a obligé à vivre toute son enfance enfermé dans une cave), que son père a fini par fuir et qu’il était désespérément seul…

Mon empathie aussi, c’est un peu la faute à Marc Dugain. Mis à part les meurtres de ses grands-parents, le côté sombre d’Al Kenner est savamment occulté par Dugain. On voit bien qu’il y a des trucs bizarres mais bon… (ça doit être mon côté « j’ai confiance en mon prochain »).

Et puis, alors, les 20 dernières pages, on s’en prend plein la tête. Et on se pose plein de questions. Sur le passage à l’acte. Sur la psychologie des serials killers. Pourquoi bascule-t-on  un jour ? Mais surtout, la question la plus importante que soulève Marc Dugain à mon avis est : nait-on serial killer ou le devient-on (on le devient, non? Enfin, j’aurais tendance à dire…) ? Et comment le devient-on ?

Bon, là ça devient trop compliqué pour moi. Je m’en vais me détendre avec un p’tit épisode de Dexter…

Ajouter un commentaire

Mardi 14Mai 2020

l m m j v s d
 
 
 
 
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
31