Sylvain Prudhomme : "Un livre sur les carrefours de la vie"

Sylvain Prudhomme présente son dernier roman intitulé Par les routes, prix Femina 2019, le 18 janvier à 15h à la bibliothèque Niemeyer. Une rencontre animée par Karine Papillaud.

Où nous emmenez-vous avec Par les routes ?

Sylvain Prudhomme : Le livre raconte un moment de la vie d’une femme, amoureuse de deux hommes, d’abord d’un voyageur, habitué à s’en aller et à revenir, puis peu à peu d’un autre, plus immobile, plus apaisé, plus solide dans sa présence de chaque jour. C'est un livre sur les carrefours de la vie, les choix qu’on fait, les chemins qu’on prend. J’essaie aussi de raconter les routes au sens propre : la France d’aujourd’hui avec ses contrastes, ses pleins et ses vides, ses aires d’autoroutes traversées chaque jour par des dizaines de milliers de voitures et ses petits villages immobiles, suspendus dans le temps, aux noms chargés de poésie.

 

Les aventures culturelles du Festival Le Goût des Autres se nourrissent de la proximité entre invités et public. Comment se passent les rencontres avec vos lecteurs, et le public en général ?

S.P. : J’aime ces rencontres qui sont souvent des moments très stimulants, très intenses. Dans le roman, un des personnages principaux, "l’autostoppeur", est fasciné par la richesse des rencontres qu’il fait au hasard des habitacles de voitures. C’est la principale raison de ses départs: frôler d’autres existences, entrevoir ne serait-ce que quelques heures d’autres vies que la sienne. Il aime la densité de ces moments, resserrés dans le temps, souvent d’une "qualité" d’échange et d’écoute qui ne se retrouve pas aisément dans la vie de tous les jours. Dans mon roman je ne juge pas les personnages, j’essaie de simplement les montrer qui agissent, avec les choix qu’ils font, les conséquences de ces choix. Chacun les reçoit avec son vécu à lui. Je suis très frappé dans les échanges avec le public de voir à quel point les avis sur tel ou tel personnage varient d’un lecteur ou d’une lectrice à l’autre. Souvent cela fait glisser la discussion du terrain du livre vers celui de la vie. Où s’arrêtent la liberté, le courage ? Où commence l’égoïsme ?

 

Que représente Le Havre pour vous ?

S.P. : Je connaissais peu la ville jusqu’à il y a quelques années. J’y étais venu quelques fois, j’avais adoré le Volcan, la place Perret, mais sans rien qui m’y attache personnellement. Et puis coup sur coup deux signes m’ont rapproché du Havre. Une invitation de l'écrivaine et amie Marie Nimier à participer aux "Petits romans du Havre", un recueil collectif dont les textes étaient conçus pour être affichés sur les vitrines de commerces de la ville, par un collectif de "Compagnons Vitriers", Thierry Illouz, Koffi Kwahulé, Camille Laurens, Isabelle Letélié, Marie Ndiaye, Marie Nimier, Olivia Rosenthal et Lydie Salvayre. Et puis pour la deuxième année, j’interviens au Master de Création littéraire du Havre, à l’École d’art de la ville. Comme plusieurs autres écrivains liés à ce Master, créé par Leurs Limongi et Nicole Caligaris, j’accompagne à distance quatre étudiants dont les textes paraîtront bientôt j’espère en librairie, et seront peut-être d’ici quelques années -qui sait!- présentés au Goût des autres. Je suis lié au Havre maintenant, et je vais y venir plus souvent.

 

Retrouvez Sylvain Prudhomme le 18 janvier à 15h à la bibliothèque Oscar Niemeyer.

 

Entretien initialement publié par le portail www.lehavre.fr

Image : Francesca Mantovani

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Mercredi 19Février 2020

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