California Girls, Simon Liberati

Un gourou frapadingue, des hippies sous l’emprise de drogues, une Amérique désenchantée sur fond de fuite en avant. Un fait divers sordide peut-il suffire à être un succès de rentrée littéraire ? Telle est la question …

Simon Liberati nous livre là son dernier opus consacré à la secte de Manson qui, entre autres délits, effectua une série d’assassinats dont celui de la femme de Roman Polanski, Sharon Tate, alors enceinte de 8 mois.

 

Derrière ces faits divers sordides, une secte hippie ayant rapidement dérivé au gré des délires paranoïaques de son gourou, à grands coups de drogues diverses et variées. D’après l’auteur, ce récit a pour but d’exorciser la vision qu’il a eu, enfant, des accusés. Soit.

 

Après lecture, je ne peux m’empêcher d’imaginer que Liberati a réussi là un « joli coup de com’ », réussissant à atteindre une assez bonne visibilité dans cette rentrée littéraire noyée une fois de plus dans le flot des sorties.

 

Une terrible lecture, dérangeante et insoutenable, donc ? Ce n’est pas ce qui m’a vraiment heurté, au final, puisque j’apprécie quand la littérature m’emmène explorer (pas toujours, mais parfois) des univers « malsains » ou « dérangeants ». Je pense là à John King qui sait nous plonger avec brio dans le microcosme du hooliganisme britannique, avec sa violence érigée en art de vivre et qui, tel un Ken Loach mal élevé, en profite pour dresser le portrait d’une certaine Angleterre.

 

Mais là, je dois bien avouer être resté sur ma faim : oui, Liberati nous répète la fascination exercée par Manson sur ses adeptes, principalement féminines. Oui, l’omniprésence des drogues explique également en partie la perte de contact avec la réalité. Et puis ? Pas grand-chose.

 

La scène du massacre est longue, malsaine, interminable, mais n’apporte rien dans le sens où elle se contente de relater l’incompréhensible, et cela avec énormément de longueurs. On n’entre pas en profondeur dans les mécanismes qui amènent à cette tragédie. On n’arrive pas à être en totale immersion dans cette sinistre troupe sur laquelle on a finalement peu de détails.

 

Alors oui, si j’ai été dérangé par cette lecture, c’est davantage dans la démarche d’utiliser un fait divers atroce sans rien lui apporter de significatif qu’autre chose.

 

 

Olivier A.

 

 

>>> California Girls, de Simon Liberati, Grasset 2016

 

 

 

Tags : 

Ajouter un commentaire

Vendredi 19Août 2022

l m m j v s d
1
 
2
 
3
 
4
 
5
 
6
 
7
 
8
 
9
 
10
 
11
 
12
 
13
 
14
 
15
 
16
 
17
 
18
 
19
 
20
 
21
 
22
 
23
 
24
 
25
 
26
 
27
 
28
 
29
 
30
 
31